vendredi 7 août 2026

A Monsieur le Président.


 

Il y a quelques jours, un ami m'a envoyé ce texte. Je l'ai lu et l'ai mis de côté. Aujourd'hui, après une nouvelle lecture je vous le partage. Signé par une Tondellier, Rousseau, elles en sont d'ailleurs incapables,  ou autres donneuses de leçon, je ne l'aurais pas fait. Cet élu de la base, dont je ne connais pas l'appartenance politique, la dépasse et parle vrai, qu'il soit entendu. 

 

 Qui aurait pu prédire ? Nous tous, Monsieur
le Président.
Lettre ouverte depuis une petite commune
d’une France qui brûle, s’assèche et suffoque

Monsieur le Président de la République,

La France brûle.

À l’heure où j’écris ces lignes, le ciel de
Gironde n’est plus vraiment un ciel, mais une
voûte de fumée dont l’odeur âcre est
parvenue jusqu’ici, à Sancoins. Des femmes
et des hommes quittent leur maison avec
quelques vêtements, leurs papiers, un animal
serré contre eux et cette question terrible :
que restera-t-il lorsque nous reviendrons ?
Derrière eux, il y a les jardins où grandissaient
les enfants, les tables autour desquelles les
familles se retrouvaient, les arbres plantés par
ceux qui ne sont plus là, les photographies
enfermées dans les meubles, tous ces
souvenirs que l’on croyait à l’abri parce qu’on
les avait confiés à des murs.

Il y a aussi cette vie minuscule et innombrable
qui ne sera jamais évacuée : les chevreuils

pris au piège, les oiseaux asphyxiés dans leur
nid, les insectes consumés par milliards, les
arbres centenaires transformés en torches.
Tout un peuple sans voix meurt dans le
vacarme des flammes, sans sirène, sans plan
d’évacuation, sans communiqué officiel.
Pendant ce temps, les pompiers avancent
dans ce que les autres fuient. Ils entrent là où
la chaleur repousse les corps, là où l’air
devient irrespirable, là où la forêt elle-même
semble vouloir dévorer ceux qui tentent de la
sauver. Ils portent sur leurs épaules une
République qui les acclame dans l’urgence,
mais laisse leurs effectifs et leurs moyens
sous une tension permanente lorsque les
caméras sont reparties et que la fumée a
quitté les écrans.

Au 26 juillet, près de 98 000 hectares avaient
déjà brûlé en France depuis le début de
l’année. Notre pays vient de traverser une
vague de chaleur de seize jours, après un
mois de juin déjà historique, tandis qu’une
quatrième vague de chaleur menace. Un
quart de nos petits cours d’eau sont à sec et
la Loire atteint des niveaux

exceptionnellement bas pour un mois de
juillet.
Ce sont les premières pages du monde dans
lequel nous sommes entrés.

Et pourtant, Monsieur le Président, vous aviez
demandé : « Qui aurait pu prédire ? »

Nous tous.

Les scientifiques, le GIEC et les associations
l’avaient prédit. Les agriculteurs qui regardent
leurs terres se fissurer l’avaient prédit. Les
pompiers qui voyaient la saison des feux
s’allonger l’avaient prédit. Les élus locaux qui
comptaient les restrictions d’eau, les maisons
fissurées et les arbres mourant sur pied
l’avaient prédit. Les enfants eux-mêmes
l’avaient compris. Tout le monde savait,
Monsieur le Président. Tout le monde, sauf
peut-être ceux dont la fonction était
précisément de savoir, de prévoir et d’agir.
Cette phrase, prononcée le 31 décembre
2022 après les incendies qui avaient déjà
ravagé la Gironde, restera comme l’une de
celles qui condensent une époque : celle d’un
pouvoir qui transforme les conséquences

annoncées en surprises, les renoncements en
exercices de communication.

Depuis, le feu a poursuivi son œuvre et l’État,
lui, délivre des conseils.

Il nous explique désormais comment « gérer
l’éco-anxiété ». Il nous invite à mettre des
mots sur nos émotions, à prendre du recul, à
distinguer ce qui dépend de nous de ce qui ne
dépend pas de nous. Ces recommandations
peuvent être utiles lorsqu’elles viennent d’un
médecin ou d’un psychologue. Elles
deviennent indécentes lorsqu’elles tiennent
lieu de réponse politique à un désastre que le
pouvoir refuse d’affronter à sa mesure.
Faudrait-il respirer profondément pendant que
le pays suffoque, méditer pendant que la forêt
brûle, apprendre à mieux supporter la
catastrophe plutôt qu’exiger de ceux qui
gouvernent qu’ils empêchent qu’elle devienne
notre ordinaire ?

Vous nous demandez de distinguer ce qui
dépend de nous de ce qui ne dépend pas de
nous. Très bien.

Il dépend de nous de nous entraider, de veiller
sur nos voisins et de transformer nos
habitudes lorsque nous en avons les moyens.
Mais il dépend de vous de donner aux
communes les moyens d’agir, de protéger les
travailleurs, de financer des refuges
climatiques, de soutenir le monde agricole et
de préparer les services publics.

Il dépend surtout de vous de cesser de
financer le monde qui nous détruit.

Voilà ce qui dépend de vous.

Je vous écris depuis Sancoins, une petite
commune rurale du Cher, au cœur de cette
France que l’on célèbre dans les discours
avant de l’abandonner dans les budgets. Ici,
comme dans des milliers de communes, nos
écoles ont été construites pour le climat d’hier.
Leurs murs retiennent la chaleur, leurs cours
minérales deviennent des plaques brûlantes
et leurs salles de classe se transforment en
étuves. On demande pourtant à des enfants
d’écouter, d’apprendre et de se concentrer
tandis que leur organisme lutte simplement
pour maintenir sa température. Alors on ferme

les volets, on déplace les tables, on cherche
un ventilateur et l’on demande aux familles de
fournir une gourde.

On appelle cela un protocole. J’appelle cela
l’organisation méthodique de notre
impuissance.

Dans nos petites communes, il n’existe
souvent aucun refuge climatique. Nous
n’avons pas toujours de salle convenablement
isolée et rafraîchie où accueillir les personnes
fragiles, ni de transport pour aller les
chercher. Nous manquons d’agents pour
appeler chaque habitant isolé, de médecins
disponibles pour répondre aux inquiétudes et
parfois même de cafés, de commerces ou de
lieux publics où rompre la solitude. Alors les
anciens restent chez eux. Ils ferment les
fenêtres, tirent les rideaux et attendent que la
nuit apporte un peu d’air, que leur corps
tienne, que l’épisode passe. Ils attendent
parfois seuls parce que leurs enfants vivent
loin, parce que les voisins travaillent, parce
que le service public s’est retiré kilomètre
après kilomètre.

Nous devons créer des refuges climatiques
accessibles dans chaque bassin de vie : des
lieux publics isolés, végétalisés, rafraîchis et
ouverts lors des épisodes extrêmes. Après
l’école, la mairie et l’hôpital, le refuge
climatique doit devenir l’une des maisons de
la République.

Après avoir menacé les corps, la chaleur
frappe celles et ceux dont le travail dépend
directement de la terre, de l’eau et des
saisons. Dans nos territoires, le changement
climatique n’est pas une abstraction. Le
maraîcher voit ses légumes brûler avant la
récolte, l’horticulteur regarde mourir dans des
serres devenues invivables des mois de
travail, tandis que l’éleveur cherche de l’eau
pour ses bêtes et du fourrage pour l’hiver. Le
paysan voit le sol se durcir, les rendements
tomber et les charges augmenter, mais les
banques continuent de réclamer leur dû
comme si le ciel n’avait pas changé. Le petit
commerçant subit les rues désertées par la
chaleur, les factures d’électricité et les
chaînes du froid poussées à leur limite. Pour
eux, le dérèglement climatique n’est pas une
inquiétude théorique mais une récolte perdue

aujourd’hui, une facture à payer lundi, une
entreprise qui peut fermer demain.

Je vous demande donc que les communes
répondant aux critères obtiennent sans délai
la reconnaissance de l’état de catastrophe
naturelle pour les dommages qui en relèvent,
notamment les mouvements de terrain
consécutifs à la sécheresse et à la
réhydratation des sols. Pour toutes les pertes
que ce régime laisse sans réponse, un
mécanisme exceptionnel de solidarité
nationale doit être créé. Les dispositifs
agricoles doivent être déclenchés avant
l’effondrement définitif des exploitations et un
fonds spécifique doit soutenir les maraîchers,
horticulteurs, pépiniéristes, éleveurs, artisans
et petits commerçants abandonnés dans les
angles morts des assurances. Les
compagnies d’assurances, qui connaissent
parfaitement l’aggravation des risques
climatiques et augmentent déjà leurs tarifs en
conséquence, doivent elles aussi contribuer
davantage à la solidarité nationale.

Les profits peuvent être privés. La
catastrophe, elle, ne saurait être
éternellement publique.

Cette catastrophe est également devenue une
crise financière pour les collectivités. Le
Fonds vert, doté de 2,5 milliards d’euros
d’autorisations d’engagement en 2024, a vu
son enveloppe initiale ramenée à 837 millions
d’euros en 2026, avant même le surgel de
crédits supplémentaires. Vous avez amputé
l’un des principaux outils d’adaptation des
collectivités au moment même où les
incendies, la chaleur et la sécheresse
démontrent son caractère vital.

C’est une dette envoyée aux générations
suivantes.

Je vous demande donc un grand plan national
d’adaptation des communes rurales, inscrit
dans la loi et assorti d’engagements
budgétaires pluriannuels. Il devra financer la
rénovation thermique des écoles, des
crèches, des établissements de santé et des
bâtiments publics, la création de refuges
climatiques, la végétalisation des centres-

bourgs, la protection des captages et des
réseaux d’eau, le soutien aux exploitations
agricoles ainsi que le renforcement de la
Sécurité civile et des services
départementaux d’incendie et de secours. Ce
plan devra être accessible aux petites
communes sans qu’elles aient à employer un
cabinet privé pour comprendre comment
obtenir l’aide de l’État. Il devra enfin être
financé par celles et ceux qui ont le plus
contribué à la catastrophe et qui disposent
des moyens d’y répondre : les grandes
fortunes, les multinationales fossiles, les
secteurs les plus polluants et les acteurs
financiers qui ont prospéré en finançant
l’ancien monde.

La crise climatique n’est pas seulement
écologique : elle est sociale.

Les plus riches isolent leur maison, installent
une climatisation, remplissent une piscine ou
rejoignent une résidence secondaire. Les plus
pauvres habitent sous les toits, vivent dans
des logements mal isolés, travaillent dehors,
prennent des transports surchauffés et

comptent chaque litre d’eau comme chaque
kilowattheure.

Les uns achètent de la fraîcheur. Les autres
subissent la chaleur.

Nous ne sommes pas égaux devant la
catastrophe et nous ne portons pas la même
responsabilité dans ce qui nous arrive.
L’ouvrier qui parcourt vingt kilomètres pour
rejoindre son usine parce que la gare a fermé
ne porte pas la même responsabilité que le
milliardaire qui traverse le ciel en jet privé. La
retraitée qui peine à chauffer sa maison ne
porte pas la même responsabilité que
l’entreprise fossile qui a organisé le doute
climatique pendant des décennies.

Demander à tous les mêmes sacrifices dans
une société aussi inégale est une nouvelle
injustice.

Monsieur le Président, je ne vous écris pas
pour ajouter une indignation à la longue liste
des indignations françaises. Je vous écris
parce qu’un élu local a le devoir de dire ce
qu’il voit. Je vois des communes auxquelles

on demande chaque jour de tenir avec moins.
Je vois des habitants qui comprennent
parfaitement que quelque chose s’effondre et
auxquels votre gouvernement répond qu’ils
doivent apprendre à gérer leur anxiété. Le
peuple français n’est pas malade d’avoir peur.
Il a peur parce que le danger est réel. Son
inquiétude n’est pas une pathologie à traiter,
mais une lucidité à entendre.

La véritable maladie est politique : elle
consiste à continuer de gouverner comme si
la catastrophe pouvait attendre le prochain
quinquennat ou la prochaine conférence
internationale.

Nous ne vous demandons plus de nous
rassurer. Nous vous demandons d’agir. Nous
ne vous demandons plus de promettre que
l’écologie sera la priorité de demain. Nous
vous demandons de financer aujourd’hui les
services publics qui nous permettront de
traverser ce qui vient. Nous ne vous
demandons pas de nous apprendre à vivre
avec la peur. Nous vous demandons de
combattre ce qui la provoque.

Qui aurait pu prédire ?
Ne répondez plus que personne ne savait.
Nous savions. Vous saviez.
Désormais, l’Histoire jugera ce que vous
aurez fait.

Mansour Thiam
Conseiller municipal de Sancoins

Une page de musique.

 https://youtu.be/X4xx6J5uA8k?si=xFztQjIaB6oc5BM_

Ouvrons la fenêtre.


 

jeudi 6 août 2026

Une page de musique.

 https://youtu.be/ELJf83TelA0?si=gs_TB6L2oAYckXQn

A l'affiche.





























Sensation de nature



En prenant le pinceau, je suis le chemin d’un voyage intérieur en explorant les liens plastiques et poétiques que la proximité avec la nature et les sensations liées aux émotions accumulées au fil du remps ont mis en résonnance dans mon imaginaire.

L’observation de l’univers est sans limite pour susciter l’émerveillement : tous les éléments ,minéraux ,végétaux ,animaux ,ciel ,eau et évidemment lumière .Et qui dit lumière dit couleur qui est un élément de l’expression et selon Matisse celle-ci est peut-être plus encore que le dessin ,une libération.
Ce qui me fascine aussi, c’est le maillage des textures naturelles pour tracer le langage propre d’une nouvelle représentation.



NATHALIE LANGLAIS .G



























































 


Ouvrons la fenêtre.



 

mercredi 5 août 2026

Concert Vincent Mussat.






 Mille excuses, mes meilleures photos sont ratées !

Je veux dire que les gros plans sur Vincent Mussat, lors du bis sont toutes floues. 

Une page de musique.

https://youtu.be/ybAlhw8rmXc?si=EgBoGNdkwgghKi8V 

 


 

Chat'Alors.

Une vie de chat au bord de la Grande Bleue.



 Le repos de l'artiste.