A chaque Stalande, reviennent chez
nous en Savoie, les rissoles, toujours aussi appréciées. N'ayant rien
écrit de nouveau, je vous ressers mon conte de Noël, en espérant que
vous l'apprécierez à nouveau, à l'égal des rissoles !
Un soir de Noël.
( D'après le dit de Simon Bourgeois )
C'était autrefois
, et en cette nuit de Noël, à la sortie de la messe de minuit une grande foule entourait
l'église du village. On discutait un peu avant de prendre le chemin du
retour et de temps en temps, des aboiements venus de l'autre rive du
Flon interrompaient les conversations qui ne tardaient pas à reprendre.
Le froid et l'heure avancée firent que bientôt chacun prit son chemin.
Sur celui menant au Passieu, nombreux étaient les fidèles, ceux des
maisons le bordant, ceux du hameau et aussi ceux des Rochats où, à
l'époque vivaient plus de cent personnes. La troupe qui s'amenuisait au
long de la marche faisait halte quand régulièrement
les aboiements reprenaient, tristes et plaintifs, au cœur de la nuit,
chacun écoutant sans dire un mot. C'est parvenus à la Croix des Sierres,
là où ceux des Rochats, ils étaient encore bien quatre vingt, se
dispersaient que la Fine à Constant voulut bien répondre aux plus
jeunes, curieux et interrogés par ces aboiements inhabituels. Elle leurs
conta que bien des années auparavant, à Héry, sur le versant d'en face,
vivait un couple sans enfants. Elle, était pieuse et se rendait à la
messe de Noël, lui, mécréant et provocateur, partait à la chasse et un
soir de Noël, il ne revint pas, ni ses chiens. Et depuis, chaque Noël,
c'est eux que l'on entend déchirer le silence de la nuit froide et
enneigée.

Edmond Burnet-Fauchez pour le texte et Christian Combaz pour le dessin.
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