Constant-Eugène Ouvrier-Buffet est un enfant de Chaucisse où il est né le 7 février 1883, mais la mobilisation générale d'août 1914 semble le toucher à Paris, où il travaille comme beaucoup de Savoyards. En effet, le 6 août 1914, il reçoit l'ordre de se rendre à la gare de Bercy pour rejoindre Albertville, son lieu d'affectation et où il a effectué son service militaire au sein du 22e Bataillon de Chasseurs à Pieds et dont il a été libéré le septembre 1905. A son arrivée il est incorporé au 62e BCA commandé par le capitaine Clair. Le 8 août 1914, le bataillon prend la direction des Chapieux, mais l'Italie ayant annoncé sa neutralité, retour vers Albertville où les soldats s’entraînent jusqu'au 21 . Le 22 ils prennent la direction du front, Saint-Dié puis Neymond-les-Fosses. Les 25 et 26, ils participent à la défense de La Fontenelle,
le 26 se replient sur les Raids de Robache. Le capitaine Clair, blessé est remplacé par le capitaine Huot. Le bataillon ne compte plus que sept officiers et 569 sous-officiers, caporaux et chasseurs, il comptait, 21 officiers, 67 sous-officiers et 1096 caporaux et chasseurs à sa création. Du 27 août au 11 septembre, ils participent à de nombreux combats et le 11 septembre, rejoignent La Fontenelle. Le 18 septembre, le bataillon gagne Beauvais et participe aux combats de la Somme, du 25 septembre au 10 novembre. Attaque de Vermandovillers, s'empare d'Herleville mais échoue au Bois Étoilé.. Le 10 octobre , nouvelle mais vaine tentative vers le Bois Etoilé. Dans ces épisodes, le bataillon perd 200 tués et autant de blessés. Après la Somme, la Belgique et le Pas de Calais, du 12 novembre 1914 au 12 janvier 1915. En Belgique, le 30 novembre, à 6 h du matin, le bataillon attaque la ferme de Piccadilly, atteint les lignes allemandes, fait des prisonniers. Le premier décembre, la contre-attaque allemande coûte six tués, 82 blessés et 53 disparus. Le 3 décembre, relevé, il est dirigé vers la Pas-de-Calais et séjourne à Fervillers jusqu'au 12 janvier 1915, date à laquelle il prend la direction des Vosges et où la guerre se terminera pour Constant. En effet, après d'un mois d'instruction à Corvieux, le bataillon se rend au col de la Schlucht et deux compagnies dont celle de notre héros, tentent vainement de reprendre, le 21 février, le Reichakerkopf. C'est au cours de ce combat que Constant sera très gravement blessé. Évacué à l'arrière, il y rencontre l'un de ses beaux-frères et tous les deux s’exclament, ( Nous ne reverrons pas Chaucisse ! ) . Constant a revu Chaucisse, blessé à jamais dans son corps et son âme, mais entreprenant, il a ouvert une boucherie à Flumet, reprise par son gendre André Mermier puis par son petit-fils Christian. Sa bravoure au cours de son dernier combat, le 21 février 1915, lui vaudra d'être cité à l'ordre du bataillon, deux ans plus tard, le 11 janvier 1917 et ce n'est que le 29 janvier 1957 que la Médaille Militaire lui sera décernée !
D'après l'historique succinct du 62e Bataillon de Chasseurs Alpins
Mes vifs remerciements à Antoine Ouvrier-Buffet, petit-fils de Constant, pour sa collaboration et la mise à disposition de documents.

.png)
.jpg)





