jeudi 1 novembre 2018
Amélie Gex.
AMÉLIE GEX
.
NOVEMBRE
La veille des Morts.
Ma sœur,, c'est la nuit de Toussaint ;
Demain les morts auront leur fête ;
La cloche pleure au temple saint,
Ici sanglote la tempête.
Comme les bruits ce soir, ma sœur,
Font peur!
Le vent fait en courbant les houx :
Hou! hou!
L'écho répète près de nous :
Hou ! hou!
La flamme vacille au foyer
Rougissant la tenture brune ;
Sur la route on voit ondoyer
Les arbres blanchis par la lune...
Que ces rayons, ce soir, ma sœur.
Font peur !...
La chouette dit aux hiboux :
Hou!hou!
Ceux-ci répondent dans leurs trous :
Hou! hou!
On sent passer comme un frisson
Inconnu dans notre demeure;
• On croit ouïr le triste son
D'une voix qui crie ou qui pleure...
Vraiment, les bruits ce soir, ma sœur,
Font peur!
L'auvent grince arrachant ses clous :
Hou!hou!
Et déjà craquent les écrous,
Hou ! hou !
Entends... la cloche aux trépassés
Parle, et sa voix grave et sereine
Semble de tous leurs jours passés
Raconter la joie ou la peine...
Mais la cloche aux vivants, ma sœur,
Fait peur !
L'air vibre et fait à. tous les coups :
Hou!hou!
L'écho reprend d'un ton plus doux :
Hou ! hou!
On dit que dans leurs lits étroits,
Les morts, interrompant leur rêve,
Ce soir, poussent de leurs doigts froids
Le marbre, qui sur eux se lève...
Grand Dieu! que les ombres, ma sœur,
Font peur !
Je crois entendre autour de nous
Hou ! hou !
Des portes crier les verrous,
Hou! hou !
Sans doute que sur le chemin
Qui près du cimetière passe
On pourra retrouver demain
Des morts la fugitive trace...
Oh ! comme en y songeant, ma.sœur,
J'ai peur !
Du vieux Grégoire aux .cheveux roux,
Hou ! hou !
Il semble qu'on entend la toux :
Hou! hou !
.
NOVEMBRE
La veille des Morts.
Ma sœur,, c'est la nuit de Toussaint ;
Demain les morts auront leur fête ;
La cloche pleure au temple saint,
Ici sanglote la tempête.
Comme les bruits ce soir, ma sœur,
Font peur!
Le vent fait en courbant les houx :
Hou! hou!
L'écho répète près de nous :
Hou ! hou!
La flamme vacille au foyer
Rougissant la tenture brune ;
Sur la route on voit ondoyer
Les arbres blanchis par la lune...
Que ces rayons, ce soir, ma sœur.
Font peur !...
La chouette dit aux hiboux :
Hou!hou!
Ceux-ci répondent dans leurs trous :
Hou! hou!
On sent passer comme un frisson
Inconnu dans notre demeure;
• On croit ouïr le triste son
D'une voix qui crie ou qui pleure...
Vraiment, les bruits ce soir, ma sœur,
Font peur!
L'auvent grince arrachant ses clous :
Hou!hou!
Et déjà craquent les écrous,
Hou ! hou !
Entends... la cloche aux trépassés
Parle, et sa voix grave et sereine
Semble de tous leurs jours passés
Raconter la joie ou la peine...
Mais la cloche aux vivants, ma sœur,
Fait peur !
L'air vibre et fait à. tous les coups :
Hou!hou!
L'écho reprend d'un ton plus doux :
Hou ! hou!
On dit que dans leurs lits étroits,
Les morts, interrompant leur rêve,
Ce soir, poussent de leurs doigts froids
Le marbre, qui sur eux se lève...
Grand Dieu! que les ombres, ma sœur,
Font peur !
Je crois entendre autour de nous
Hou ! hou !
Des portes crier les verrous,
Hou! hou !
Sans doute que sur le chemin
Qui près du cimetière passe
On pourra retrouver demain
Des morts la fugitive trace...
Oh ! comme en y songeant, ma.sœur,
J'ai peur !
Du vieux Grégoire aux .cheveux roux,
Hou ! hou !
Il semble qu'on entend la toux :
Hou! hou !
Florilège poétique.
Le Grand Hêtre
Le hêtre qui t’a vu grandir, aimer,
t’avancer pas à pas dans l’âge et la parole
et lancer tes fils puis leurs enfants après
dans la vie prodigue et les lointains aimés,
ce grand hêtre que tu sais plus vaste que l’enfance,
voici ses hautes branches, ce matin,
éclairées comme jamais tu ne les avais vues,
toi qui vas quitter ta maison de toujours
et laisser ce grand arbre à d’autres mains
dont tu ne sais le soin, le regard ni la hache.
t’avancer pas à pas dans l’âge et la parole
et lancer tes fils puis leurs enfants après
dans la vie prodigue et les lointains aimés,
ce grand hêtre que tu sais plus vaste que l’enfance,
voici ses hautes branches, ce matin,
éclairées comme jamais tu ne les avais vues,
toi qui vas quitter ta maison de toujours
et laisser ce grand arbre à d’autres mains
dont tu ne sais le soin, le regard ni la hache.
Éclairées par le matin, elles montent dans la lumière
comme on voit en montagne
les sommets tout frangés de clarté
tandis que l’on marche dans l’ombre des vallées.
comme on voit en montagne
les sommets tout frangés de clarté
tandis que l’on marche dans l’ombre des vallées.
Pascal Riou.
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