lundi 28 janvier 2013

Jean-Pierre Veyrat.

Le retour.

Allons: je veux revoir mes montagnes aimées,
Mes vallons caressés de brises embaumées,
Mes pics illuminés des premiers feux du jour,
Et mes bois, et mon lac aux vagues amoureuses,
Et ma rivière errante, et ses rives heureuses,
Et tout ce que j'aimais dans mon premier amour.

J'irai m'asseoir encor sur les hautes falaises,
Aux flancs des rochers nus, à l'ombre des mélèzes,
D'où l'on voit à ses pieds les aigles tournoyer,
Sous la charmille sombre où la brise murmure,
Au bord de la fontaine où bouillonne une eau pure,
Au seuil de la maison qu'ombrage un vieux noyer.

Oiseaux, qui revenez à vos amours fidèles,
Vous me devancerez, rapides hirondelles!

Comme vous je reviens, mais, hélas! triste et seul,
Semblable au voyageur étranger sur la terre,
Qui, dans l'éternité retourne solitaire,
Et qui pour le chemin n'emporte qu'un linceul.

1810. Grésy sur Isère.
1844. Chambéry.

Aucun commentaire: