Celui
qui entre par hasard
Celui qui entre par hasard dans la demeure d'un poète
Ne sait pas que les meubles ont pouvoir sur lui
Que chaque nœud du bois renferme davantage
De cris d'oiseaux' que tout le cœur de la forêt
II suffit qu'une lampe pose son cou de femme
A la tombée du soir contre un angle verni
Pour délivrer soudain mille peuples d'abeilles
Et 1'odeur de pain frais des cerisiers fleuris
Car tel est le bonheur de cette solitude
Qu'une caresse toute plate de la main
Redonne à ces grands meubles noirs et taciturnes
La légèreté d'un arbre dans le matin.
Hélène Cadou, la muse et l'épouse de l'un de mes poètes préférés et elle-même poète vient de le rejoindre sur l'autre rive, après soixante trois ans de séparation.
Dans la fenêtre
Le jour gagne
Le jour gagne
D'est en ouest
L'infini traverse la chambre
L'infini traverse la chambre
Plus jeune
D'avoir caressé les meubles
D'avoir caressé les meubles
Il parle d'avenir
Sans faille
Sans faille
La mer dans son regard
Elle sort
Simplement
Pour vérifier le monde.
Elle sort
Simplement
Pour vérifier le monde.
Hélène Cadou.
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