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jeudi 21 mai 2015
LA MORT EST MON MÉTIER

De Robert Merle

Éditions Folio.




Rudolf Lang, personnage principal du roman, n’est autre que le triste et trop célèbre SS Rudolf Hoess, commandant du plus important camp d’extermination de masse nazi de 1940 à 1943 « Auschwitz-Birkenau ». En 1945 à Nuremberg, Hoess - Rudolf Lang - raconte de sa prison l’essentiel de sa vie à un psychologue américain.



Un enfant nourri au nationalisme

Lang est élevé à la dure par son père, commerçant allemand baigné dans l’ordre et la morale chrétienne poussée à l’intégrisme. Le petit Lang est noyé dans la gloire de la terre allemande, les racines teutoniques des pères de la nation, sauver la race allemande et la rédemption pour devenir meilleur. Rudolf est un être naturellement besogneux, méticuleux, soigneux à en être maniaque. Les plaisirs lui sont fermés car ils symbolisent l’oisiveté ; et l’oisiveté est rivale de la rigueur, de la morale et patrie des jouisseurs, des profiteurs dont l’ennemi emblématique est le Juif. Très bon élève, Rudolf marche au pas, entretien sa dose de culpabilité à confesse et se prépare à la vie dans le code de l’honneur et l’amour de sa patrie. Il occulte le doute, arbore la maîtrise de soi froide et calculatrice, sans consensus car un bon allemand ne doute pas, ne se retourne jamais, n’a aucune faiblesse ; son seul plaisir est de servir, Dieu d’abord, et sa terre après.



Un schisme s’opère 

Dieu s’éteint de ses croyances et son père n’est plus une référence patriarcale. Sa culture chrétienne, son milieu familial sont reniés. Adolescent, il s’engage dans les «corps francs » et s’embourbe dans la première guerre mondiale. A sa démobilisation, la misère, le chômage et la frustration d’avoir été vaincu, seront ses principaux compagnons mais armé d’une volonté de fer, de son pragmatisme et de son amour pour l’Allemagne, il émerge de l’abîme là où d’autres s’enfoncent. Cadre au parti National-socialiste, Rudolf est très rapidement remarqué par le Reishfuhrer Himmler dont il restera l’admirateur. Il exalte un absolu dévouement, subordonnant ses idées aux principes de ses maîtres. Rudolf adhère très vite à la solution finale dite « Solution au problème Juif ». Le SS est propulsé à la tête du plus grand chantier de camp de concentration jamais imaginé pour déporter les juifs. Criminel contre l’humanité, Rudolf Lang sera l’instigateur aux concepts expéditifs pour produire de l’extermination humaine, comme une industrie fabrique des matières pour développer sa croissance.



La monstruosité s’introduit dans les rouages du quotidien doucement, froidement, avec méthode, aplomb, ingéniosité et discrétion. Rudolf excelle, construit un outil pour tuer en masse avec un procédé combinant investissement, maîtrise des coûts, formation des cadres et des personnels SS pour le management des détenus juifs afin d’obtenir d’eux le maximum de coopération dans le but de les conduire aux chambres à gaz. Comme le patron d’une grande industrie, il prépare chaque étape mais vers la mort, travaille sur la communication non pour informer mais pour désinformer, tromper sa cible qu’il devra détruire sans le moindre heurt afin d’optimiser les coûts de sécurité. Il négocie les achats de toutes les matières servant à la désintégration des détenus à la chaîne, de la rampe à la chambre à gaz jusqu’aux crématoires. Le commandant d’Auschwitz rayonne et optimise le fonctionnement de l’extermination.



Un professionnel Zélé

Il remplace le poison du gaz d’échappement du diesel, rendu trop cher et maîtrise les coûts avec un gaz plus toxique, le « Zyclon B». Il résout les problèmes de surpopulation de cadavres en les brûlant à la chaîne dans quatre crématoires colossaux, accroît la production de l’extermination, passe de 2000 à 5000 puis 10 000 gazés par jours. Il tua deux millions et demi de Juifs dans un dédale de pragmatisme, de méthodologie parfaitement prémédité, comme l’aurait réalisé un chef d’entreprise désireux de satisfaire son goût d’entreprendre et de développer.



l’Obersturmbannführer Lang est guidé par une seule et même idée acquise depuis son enfance, l’esprit de corps, la maîtrise absolue de soi, le dévouement pour la patrie et son dieu « Himmler ». A l’égard des juifs, le SS est dépourvu de toute sensibilité, d’ailleurs lors de son procès en Pologne qui le mène droit au gibet, il s’en explique très clairement au Procureur: « Vous comprenez, je pensais aux juifs en termes d’unités, jamais en termes d’êtres humains. Je me concentrais sur le côté technique de ma tâche ». Il ajoute froidement : « On m’a choisi pour mes talents d’organisateur »,  « Je n’ai pas besoin d’excuses. J’ai obéi ». Yves Toussaint.



Un livre à lire, « La mort est mon métier » de Robert Merle aux éditions Folio recommandé par l’Echolatain.

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