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mercredi 15 avril 2026

Cloches pas savoyardes.

 

Les Sauveterres :quand les cloches

étaient censées éloigner les orages

par Jean-Yves Royer


Sonner les cloches pour éloigner les orages, et plus particulièrement la grêle, est une pratique remontant au Moyen Âge. On était persuadé – bien à tort – de l’efficacité de la chose, que l’Église accompagnait parfois, mais condamnait souvent. On n’en douta sérieusement qu’à la fin du XVIIIe siècle, où les pouvoirs publics finissent par l’interdire. Mais les interdictions eurent beau se multiplier au siècle suivant, la croyance peina à disparaître.


La « MARIA SALVA TERRA » de Blégiers


Plusieurs de ces sauveterres (le nom qu’on leur donne le plus souvent, dans diverses langues) ne sont connus que par de brèves mentions, telle cette cloche de 1493 de Notre-Dame de Nazareth à Blégiers, relevée dans le Bulletin de l’Association pour l’Etude et la Sauvegarde du Patrimoine Religieux de la Haute Provence en 1989 : « MARIA SALVA TERRA MCCCCLXXXXIII ». « L’inscription est en caractères gothiques. La cloche est ornée de deux images au-dessous du bandeau épigraphique. L’une représente une Vierge à l’Enfant et l’autre, le Christ en croix entre la Vierge et Saint-Jean. L’expression salva terra (bas-latin) donnera plus tard le motsauveterre. »



La « MARIA SAUVATERRA » de Lurs


Le mêmeBulletinnous apprend l’existence de cette cloche dans son numéro 21 (1998).Refonte en en 1894 d’une cloche déjà refondue en 1705, « Elle donnait le si, pesait 419 kg et portait comme inscription sur une seule ligne : Deum laudo populum convoco tempestatem repello mortuos ploro. Je loue Dieu, j’appelle le peuple, je repousse l’orage, je pleure les morts. C’était la Maria-Sauvaterra. (…) Les trois cloches furent descendues de leur clocher à la Révolution. L’une, la plus grosse, la Maria Sauvaterra, fut enterrée dans le cimetière et échappa ainsi au massacre. Les deux autres servirent à fondre les canons des guerres de la Révolution. »


On aura noté que c’est la seule des trois cloches qu’on avait alors voulu préserver. Il en fut de même à Forcalquier.



La « MARIA SAUVATERRA » de Forcalquier


Elle a fait l’objet en 1878 d’une étude d’Eugène Plauchud : Maria Sauvaterra. Notice sur le bourdon de Forcalquier. Il commence son histoire à une refonte en 1609 par Jean Saurin, un fondeur local, mais sa fonction est attestée depuis longtemps. Ainsi le 16 août 1492, Amielhlo servent (le valet de ville) reçoit 1 gros (monnaie du temps) per las campanas que sonet per lo temps tota una nuech (pour les cloches qu’il sonna toute une nuit à cause du temps), tandis que mestre Frances Jacob touche le double pour faire de même à Saint-Mari, toute cette nuit-là également. Par la suite la cloche la plus grosse (refondue l’année d’avant) hérita seule du travail, et prit alors son nom de salvatrice du terroir.


Mais « Le 6 octobre 1793, le conseil municipal de Forcalquier offrit les cloches de la ville à la patrie en danger. » Une compagnie de soldats descendit les quatre cloches de la tour devant le portail de la cathédrale et entreprit, non sans mal, de les briser.

« Une scène d’une tout autre nature se passait en même temps dans une maison des Amourières (l’ancien nom du boulevard Latourette), où une femme, que son embonpoint avait fait surnommer la grosse Bonnefoy, tenait auberge. Le commandant du détachement était descendu chez elle. Cette bonne femme, aussi profondément chrétienne que républicaine avérée, était navrée à la pensée que son clocher allait devenir muet. Rêvant au moyen de conserver le bourdon, elle apporte un excellent dîner à son hôte ; vers la fin du repas, le voyant de bonne humeur, elle vient lier conversation avec lui, et tout en causant et en riant lui insinue avec adresse que c’est bien malheureux pour le pays de perdre toutes ses cloches; que si par malheur un incendie venait à éclater, on ne pourrait sonner le tocsin ; que si un jour ces affreux royalistes voulaient tenter un coup de main, on ne pourrait appeler les patriotes à la défense de la république. Elle fit tant et si bien, elle plaida la cause de son bourdon avec tant d’âme et tant d’éloquence, que le commandant, gagné et convaincu, fit donner l’ordre d’arrêter les marteaux. Maria Sauvaterra était sauvée. »


Celle-ci ne reprit toutefois sa place que dix ans plus tard. Au siècle suivant, fêlée, elle dut être refondue une fois de plus en 1939 par Paccard, et baptisée à nouveau. Mais d’autres orages s’annonçaient, contre lesquels Maria Sauvaterra ne put rien.



Le « SAUVE-TERRE » de Peyruis


Il y eut au siècle dernier à Peyruis une pratique dont je ne connais pas d’autre exemple. Quand l’orage menaçait, deux enfants parcouraient les rues en portant, accroché à une barre de bois, un timbre métallique percé sur lequel un autre tapait à coups de marteau. Le son devait être de nature à faire fuir les habitants, à défaut d’inquiéter les orages. Néanmoins, sur leur chemin, on les remerciait en leur offrant des œufs – présent rituel dans de nombreuses circonstances.


La scène fut immortalisée sur une carte postale, où nous voyons deux garçonnets portant cet ustensile, tandis qu’un troisième tient un marteau d’une main, et de l’autre un panier dans lequel une femme, munie d’un parapluie, lui tend un œuf ; les trois enfants ont la tête couverte, par-dessus leur béret, d’un sac de jute leur descendant jusqu’aux genoux. Le tout est légendé par un quatrain d’Henri Bérard, une célèbre figure locale, allumeur de réverbères et crieur public de son état, mais aussi poète provençal. Intitulé « Lou Sauvo-Terro, ou la campano miraclante de Peiruis » (Le Sauve-Terre, ou la cloche miraculeuse de Peyruis), la « cloche » s’y exprime ainsi : « Quand lou niou enrabia davalo de Tourdau / Quand l’uiau e lou tron rajon sus lou vilagi / Pichoun, sourteme lèou, fes branda mon matau / Subran n’en veirès plus la grèlo dins l’oùragi. » (Quand le nuage enragé descend de Tourdeau, Quand l’éclair et le tonnerre tombent sur le village, Enfants, sortez-moi vite, faites branler mon battant, Et aussitôt vous ne verrez plus de grêle dans l’orage.)

lundi 7 octobre 2024

samedi 25 mai 2024

Parabole.


 Ici, l’une de ces paraboles " sculptées " comme l'ami André Lombard les aime, car pleines d’enseignements : « Saint Hervé est aveugle, un âne lui sert de guide. Un jour qu’ils labourent un champ, un loup survient et dévore l’animal de trait.

Hervé intime alors à la bête féroce l’ordre de prendre la place de l’âne afin d’achever de tracer les sillons. Il restera ensuite à son service pour guider ses pas. »
Sur la représentation des deux compères exposée dans la chapelle N-D de Quelven, le loup  n’en déplaise à La Fontaine  porte un collier et est même affublé de… la queue de l’âne ! »

jeudi 4 avril 2024

samedi 27 août 2022

Un peu de philosophie.

 

Le philosophe Socrate disait : quand j'étais petit, je n'aimais pas me lever tôt, ma mère détestait ce comportement parce qu'elle voulait que je devienne ingénieur... 
Elle est donc allée avec moi chez la maîtresse pour que celle-ci me raconte une histoire...
 Je vais te raconter une belle histoire et tu me diras ce que tu en déduis, ok..?
 Ok !
 Il y avait deux oiseaux. L'un d'eux, se levant tôt, mange des insectes et en nourrit aussi ses petits.
Le deuxième se réveillant plus tard, ne pas trouve pas de quoi manger et faire manger... 
Qu'avez-vous déduit de cette histoire Socrate ? 
 Les insectes qui se lèvent tôt, madame, sont toujours mangés par les oiseaux !

vendredi 8 avril 2016

Claude-Henri Rocquet.

Le poète Claude-Henri Rocquet n’est plus

Décédé à Paris dans la nuit du 23 au 24 mars, ses discrètes obsèques ont eu lieu au cimetière de Gordes le mercredi 30. Claude-Henri Rocquet – 1933-2016 - laisse une œuvre d’écrivain de grande ampleur, de toute beauté ; et qui, parce qu’intelligente et sensible au plus haut point, mérite de trouver place sur les rayons de nos bibliothèques aux côtés de celles des plus grands.
Parmi tant d’autres écrites à propos de peinture, il consacra une soixantaine de pages à célébrer celle de l’un des meilleurs artistes du Luberon qu’il était venu rencontrer avec bonheur en 2010 dans son atelier de Montjustin. Ce texte, il l’intitula Rêver avec Serge Fiorio.
À l’aise dans tous les genres - à part le roman à proprement parler - il fut, et demeure, un grand esprit, généreux de ses trouvailles et de ses inventions. Homme de foi de confession orthodoxe, grand lecteur de la Bible, sa quête spirituelle fut rigoureuse, sans concession aux grandes bassesses de ce monde et de notre temps.
André Lombard.

Je remercie chaleureusement André Lombard de son envoi et si vous désirez approcher cet écrivain, auquel le journal, La Croix, a consacré un article lors de sa disparition, je peux vous prêter, Rêver avec Serge Fiorio, qui compose avec, Pour saluer Fiorio, d'André Lombard, un très beau livre de découverte du peintre Serge Fiorio, qui fut avant la dernière guerre, savoyard, de Taninges, plus précisément, où, carrier, il travaillait dans l'entreprise familiale. Il s'y lança, pensant que cette activité lui laisserait plus de temps pour la peinture, dans la photographie et quelques cartes postales de la région en témoignent encore ça et là.

lundi 30 novembre 2015

Pour les temps présents.

" Vous et nous qui restons vivants, serrons nous bien les uns contre les autres ".
Lucienne Desnoues.
in, Pour saluer Fiorio, d'André Lombard, La Carde, éditeur, 2011.