Le vote solennel du projet de loi sur la fin de vie aura lieu ce mardi 24 Février 2026 à l’Assemblée nationale.
Voici le discours de clôture que j’avais prononcé lors du colloque sur la fin de vie organisé par Université populaire de Poissy en Octobre 2025. Ma positon n’a pas changé !
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(Université populaire de Poissy – Unipop)
Mesdames, Messieurs,
Chers amis,
Permettez-moi d’abord de remercier l’Université populaire de Poissy, sa présidente Madame Meyer, et l’ensemble des intervenants qui, pendant ces deux jours, ont permis à ce colloque d’exister et de faire vivre un débat aussi essentiel que délicat.
La fin de vie n’est pas un sujet comme un autre. C’est un sujet profondément intime, qui touche à la fois la conscience, la foi, la morale, l’amour, et l’humanité en chacun de nous.
Aucun d’entre nous ne peut aborder cette question sans y mêler une part de son histoire personnelle.
Je n’y échappe pas.
Depuis 2015, je me considère comme amputé à vie. Cette année-là, j’ai perdu ma petite maman, après une longue maladie. J’ai vu la souffrance, la détresse parfois, mais aussi l’amour infini qui peut entourer les derniers instants d’une vie. Nous avions fait le choix, en famille, d’accompagner, d’être là, de tenir la main jusqu’au dernier souffle.
L’année suivante, en 2016, j’ai perdu un de mes frères, puis en 2017 mon père, victime d’une leucémie aiguë. Et je peux dire ici, devant vous, que les soins palliatifs qui l’ont accompagné ont été un véritable cocon d’humanité, de douceur et de respect.
En 2018 enfin, c’est mon beau-frère, 49 ans, qui s’en est allé, entouré, lui aussi, des siens.
Ces expériences forgent une conviction, mais aussi une responsabilité.
J’ai voté contre le projet de loi sur la fin de vie, non par dogmatisme, mais par fidélité à une certaine idée de la dignité humaine.
Je crois profondément que notre devoir collectif est de développer les soins palliatifs partout en France, pour qu’aucun malade, aucune famille, ne se sente abandonné.
Parce que souvent, ce que recherchent les personnes en fin de vie, ce n’est pas de mourir plus vite — c’est d’être entendues, entourées, comprises, qu’on prenne soin d’elles, non seulement avec des traitements, mais avec de la chaleur, de la présence, de la tendresse.
C’est tout cela, la dignité.
Mais je sais aussi que d’autres, ici ou ailleurs, ont des convictions différentes, parfois opposées. Et je les respecte infiniment.
Car ce débat ne doit pas opposer, il doit rassembler autour de la même exigence d’humanité.
Le rôle d’un député, c’est justement cela :
— écouter,
— comprendre,
— se nourrir des témoignages, des experts, des familles, des religieux, des associations,
— et, à la fin, décider en conscience, non pour soi, mais pour l’intérêt général.
Ce colloque y a contribué. Il a permis d’éclairer, de confronter les points de vue, d’ouvrir les champs du possible et, parfois, de nommer les impossibles.
Et c’est en cela qu’il est précieux.
Alors merci à tous les participants, à tous les témoins de vie, aux soignants, aux accompagnants, aux bénévoles, aux familles, qui, dans l’ombre, font œuvre d’amour et de dignité.
Je vous le dis du fond du cœur : tant qu’il y aura de l’humanité dans nos accompagnements, il n’y aura jamais d’indignité dans nos fins de vie.
Merci à tous. 
Karl OLIVE
1 commentaire:
Comme j'ai déjà eu l'occasion de m'exprimer sur ce sujet fondamental , j'estime que seule la diminution ( en attendant une abolition complète ? ) de la souffrance du patient en fin de vie doit être au centre de nos réflexions .
A la limite , les considérations philosophiques , religieuses ou politiques , n'ont pas leur place dans ce débat , et seul compte en définitive le soulagement physique et/ou moral du patient.
Il faut bien reconnaître , en toute humilité , que les chercheurs en antalgiques efficaces et parfaitement dénués d'effets toxiques ou autres sur l'organisme souffrant , ont échoué ( du moins à ce jour ).
Sans être un spécialiste de la Santé , tout le monde connaît bien l'effet mortel sur le coeur des doses répétées et importantes de morphine.
En attendant de meilleurs antalgiques , il convient d'aider moralement ( voire spirituellement ou autre ) le patient en fin de vie à se préparer au mieux pour affronter cet ultime passage.
Et , en tant que croyant à la manière de PASCAL ( pari gagnant sur l'existence de Dieu ) , on peut raisonnablement imaginer que l'on rend en définitive cette vie qui nous a été donnée quelques années auparavant.
Et , au plan purement physique , on peut comparer cet arrêt de la vie à l'usure définitive ( ou l'accident imprévisible ) d'une mécanique pourtant parfaite qu'on appelle le corps humain.
Il est évident pour moi que d'autres positions philosophiques sur ce sujet peuvent et doivent être envisagées.
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