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lundi 2 février 2026

Chat'Alors.

 

lls ont insulté les vaches
ils ont insulté les gorilles
les poulets
Ils ont insulté les veaux
Ils ont insulté les oies les serins les cochons les maquereaux les chameaux
Ils ont insulté les chiens
Les chats
Ils n’ont pas osé.
 
(Jacques Prévert, Choses et autres, 1972)

vendredi 21 novembre 2025

Lire.

 "La grande plaine est blanche, immobile et sans voix.
Pas un bruit, pas un son ; toute vie est éteinte.
Mais on entend parfois, comme une morne plainte,
Quelque chien sans abri qui hurle au coin d’un bois.

Plus de chansons dans l’air, sous nos pieds plus de chaumes.
L’hiver s’est abattu sur toute floraison ;
Des arbres dépouillés dressent à l’horizon
Leurs squelettes blanchis ainsi que des fantômes.

La lune est large et pâle et semble se hâter.
On dirait qu’elle a froid dans le grand ciel austère.
De son morne regard elle parcourt la terre,
Et, voyant tout désert, s’empresse à nous quitter.

Et froids tombent sur nous les rayons qu’elle darde,
Fantastiques lueurs qu’elle s’en va semant ;
Et la neige s’éclaire au loin, sinistrement,
Aux étranges reflets de la clarté blafarde.

Oh ! la terrible nuit pour les petits oiseaux !
Un vent glacé frissonne et court par les allées ;
Eux, n’ayant plus l’asile ombragé des berceaux,
Ne peuvent pas dormir sur leurs pattes gelées.

Dans les grands arbres nus que couvre le verglas
Ils sont là, tout tremblants, sans rien qui les protège ;
De leur oeil inquiet ils regardent la neige,
Attendant jusqu’au jour la nuit qui ne vient pas.


Guy de Maupassant, 

vendredi 22 novembre 2024

De saison.

La grande plaine est blanche, immobile et sans voix.
Pas un bruit, pas un son ; toute vie est éteinte.
Mais on entend parfois, comme une morne plainte,
Quelque chien sans abri qui hurle au coin d’un bois.

Plus de chansons dans l’air, sous nos pieds plus de chaumes.
L’hiver s’est abattu sur toute floraison ;
Des arbres dépouillés dressent à l’horizon
Leurs squelettes blanchis ainsi que des fantômes.

La lune est large et pâle et semble se hâter.
On dirait qu’elle a froid dans le grand ciel austère.
De son morne regard elle parcourt la terre,
Et, voyant tout désert, s’empresse à nous quitter.

Et froids tombent sur nous les rayons qu’elle darde,
Fantastiques lueurs qu’elle s’en va semant ;
Et la neige s’éclaire au loin, sinistrement,
Aux étranges reflets de la clarté blafarde.

Oh ! la terrible nuit pour les petits oiseaux !
Un vent glacé frissonne et court par les allées ;
Eux, n’ayant plus l’asile ombragé des berceaux,
Ne peuvent pas dormir sur leurs pattes gelées.

Dans les grands arbres nus que couvre le verglas
Ils sont là, tout tremblants, sans rien qui les protège ;
De leur oeil inquiet ils regardent la neige,
Attendant jusqu’au jour la nuit qui ne vient pas.

Guy de Maupassant



jeudi 9 mai 2024

"Sentiers d'auteurs" # 312 – Jean Lavoué interviewé par Patrick Jagou


Jean Lavoué est décédé hier, mercredi 8 mai.
Vous pouvez le lire sur Facebook.

mardi 23 avril 2024

Florilège poétique.

 Je me remets à écouter Bach

Je me remets à sentir la terre du jardin
Je me remets à penser à des poèmes et à des romans
Je me remets au silence qui fait d’un matin pluvieux le début du monde de demain
Pier Paolo Pasolini

vendredi 29 mars 2024

Mon printemps des poètes.

 La forêt.


Y aura-t-il assez de chandelles pour tous ces 

candélabres, pour toute cette nuit en vitrail ?


Lumière et lumière alors que rôdent myrtes

au Golgotha.


La maigreur tend les bras, là aussi, sur l'étal des 

pieds courbes.


Ici encore, les ombres offrent leurs prières,

puisqu'il a décidément lumière.


in Prédelle, bandeau & Cie,

de Jean-Daniel Robert, Editions des Sables, 2019.

Inspiré par une visite de l'église de Saint-Hugues-de-Chartreuse,

entièrement décorée par Arcabas.

jeudi 28 mars 2024

Mon printemps des poètes.

Neige du mont Charvin

Fleurs de mon jardin

Fleurs des cerisiers

Fleurs des tulipiers

Fleurs des pissenlits


Font un paradis

A l'écart * de la 

Folie humaine.


in Voyage en Jagolie,

de l'ami Patrick Jagou,

Livres du monde, éditeur, 2023.


* Du nom de la maison que le poète Michel Butor ( 1926-2016 ) 

habitait à Lucinges, Haute-Savoie.

mercredi 27 mars 2024

Mon printemps des poètes.

 Carnets du 26 mars 2024

1)
Tu peux pousser la pluie en dehors du village. Tu peux prétendre que tu es le vent.
Rien ni personne ne te dira le contraire si tu n’es pas à l’écoute des éléments.
Le poète est ainsi, minuscule, aux aguets de ce qui vient et de ce qui se défait.
2)
L’humilité n’est pas une posture. C’est une évidence devant l’immense
Et la disparition de toutes choses.
3)
Le document de la vie peut se lire à l’envers. Le dossier n’est jamais clos ;
D’autres viennent le compléter.
Tu n’es jamais remplacé : tu deviens la pierre posée du vent.
Ta plume n’a plus besoin de cahier, tu écris à la verticale de ce qui se tait.
4)
Tu peux pousser la pluie
Prétendre que tu es le vent
Personne ne te dit le contraire
Tu es ce qui demeure
Aux aguets de ce qui vient
Et se défait
Avec une touche de lenteur
5)
Le poète est ainsi,
Minuscule.
© Patrick Chemin
Mars 2024
Sur son profil Facebook.

mardi 26 mars 2024

Mon printemps des poètes.

 Apprentissages.


Etre un oiseau se mérite.

Il faut beaucoup de courage.

Il faut beaucoup de patience.

On y parvient lentement.


J'ai du mal à l'épingler.

Mon poème a tendance à s'envoler dès la 

naissance.


in Rawa-Ruska le camp de la soif.

de Michel Dunand, Voix d'Encre, éditeur, 2021


lundi 25 mars 2024

Mon printemps des poètes.

 Communication.


Elle ne peut pas remplacer la main du voisin

qui frappait à la porte ou à la fenêtre

pour s'inviter ou demander un service,

à toute heure du jour ou de la nuit.


On demandait à un vieux paysan savoyard

ce qu'il pensait de sa télé ?

Il répondait, le regard vif, brillant encore des souvenirs d'autrefois:

" La télé... un carreau de plus dans la maison;

mais à ce carreau là,

il n'y a jamais personne qui frappe pour entrer.


de Marcel Perrier,

in Reflets, 1987.

samedi 23 mars 2024

Mon printemps des poètes.

 O mon village


Villarly, lambeau de terre accroché

aux précipices du cœur,


Villarly, visage emmitouflé

dans les combes de l'hiver, 


Villarly, gosier que l'été brûle

aux solstices de l'enfance,


de Guy Bornand,

in Quarante lyres   pour la Savoie,

collection Gens de Savoie,

animée par Lucien Chavoutier.

vendredi 22 mars 2024

Mon printemps des poètes.

A la vieille.


tiens bon la vielle

ne vends pas ta frontière

aux mirages des antiquaires

agrippe-toi à ton châle

fixe-toi à ton banc

prends racine à tes arbres


tiens bon la vieille

ne t'en vas pas...


De l'ami Michel Etiévent,

in Quarante lyres pour la Savoie,

collection Gens de Savoie,

animée par Lucien Chavoutier.

jeudi 21 mars 2024

Mon printemps des poètes.

 Vieille maison du Val d'Arly.


Dans le petit matin gris, elle m'apparait à la sortie de la forêt.

Bien assise sur une butte, le teint cuivré, encore droite et fière,

elle semble terminer son sommeil.


Sans doute, vais-je entendre les bruits habituels du matin,

les seaux de la traite que l'on choque, les volets que l'on ouvre,

des pas, des voix ...


de l'amie Denise Mollier,

de Notre-Dame-de-Bellecombe.

in Quarante lyres pour la Savoie,

dans la collection Gens de Savoie,

animée par Lucien Chavoutier.

mercredi 20 mars 2024

Mon printemps des poètes.

 Je me souviens.


Je me souviens de ce petit chemin,

quelque part, en Savoie,

mes pas l'ont foulé, tant de fois.

Je le revois, s'avançant vers une brume incertaine,

laissant deviner un horizon lointain.

Combien de fois l'ai-je pris, ce chemin d'autrefois

où mes rêves caressaient l'horizon !

Des morceaux de moi-même se sont échappés

et l'ont recouvert d'un voile de souvenirs.


de Nicole Bacon-Guichardan

in Quarante lyres pour la Savoie

dans la collection Gens de Savoie,

animée par Lucien Chavoutier.

samedi 13 janvier 2024

jeudi 2 novembre 2023

En mémoire de nos disparus.

Il y a toujours Au bout du chagrin une fenêtre ouverte Une fenêtre éclairée Il y a toujours un rêve qui veille Désir à combler, faim à satisfaire Un cœur généreux Une main tendue, une main ouverte Des yeux attentifs Une vie, la vie à se partager. Mourir Penser à la mort, Y penser simplement à la fin de la journée. Elle n'est pas laide; elle n'est pas triste; Grave seulement, entourée d'inconnu. C'est la porte qui s'ouvre Un peu plus tôt pour les uns, Un peu plus tard pour les autres, Sur le pays mystérieux, vers lequel nous allons tous.
Paul Eluard.

samedi 2 septembre 2023

Ouvrons la fenêtre.

De ma fenêtre. 


Le vent agite les branches du cerisier

Les pétales voltigent

Des renoncules s'agitent

Partout dans la prairie

Derrière la clôture de guingois


Et le ciel veille au grain

Le soleil s'amuse

A déplacer les ombres


in Fenêtre sur terre, récit poétique

de Franck Bouysse

au Livre de poche.