Affichage des articles dont le libellé est écrivain. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est écrivain. Afficher tous les articles

samedi 1 juillet 2017

Le message est passé.

Steve Lévy au centre.

Steve Lévy a rencontré hier après-midi quelques colatains, huit, ce qui parait peu mais cela a permis un échange approfondi sur son ouvrage, Mémoires cousues de silences. Je laisse la plume à deux d'entre eux. Personnellement j'ai appris il y a peu le décès d'une amie de ma mère qui avait été cachée dans Flumet. Ma grand-mère avait caché la cousine. Depuis, elles étaient restées très proches et fraternelles. C'est pour cela que j'étais très émue hier. D'un point de vue moins personnel j'ai été choquée d'apprendre qu'il y ait encore tant de haine en France. La méchanceté humaine est triste. Aucun progrès en vue. Et puis je n'avais jamais pensé à la difficulté d'être descendant de ceux qui ont souffert de la guerre. On voit un peu pourquoi les descendants d'immigrés, aussi, peuvent être mal à  l'aise. On ressort bien triste de cette causerie...Et: à mon tour, volontiers, je partage mon "ressenti" à la suite de la rencontre de Steve Lévy. Tout d'abord j'ai beaucoup apprécié la personnalité attachante et engagée de Steve Lévy qui a passé sa vie à lutter contre la ségrégation, le racisme et a essayé de comprendre pourquoi la haine pouvait aujourd'hui encore habiter le cœur de certaines personnes et surtout des jeunes à la dérive. Trois points ont retenu mon attention. Le premier est l'actualité de ce problème. Nous pensons souvent que la Shoah appartient au passé et qu'aujourd'hui cela ne pourrait plus exister. Pourtant Steve nous rappelle par ses témoignages, et avec beaucoup de tristesse contenue que non : Il y a aujourd'hui en France l'existence d'un antisémitisme qui ne se cache plus et s'étend à d'autres communautés. Le second point est que, qu'à l'intérieur du judaïsme, comme au sein de l'Islam aussi bien qu'au sein de l'église catholique, il y a des extrémismes tout aussi violents entre ceux qui défendent une orthodoxie extrême et ceux qui défendent une culture pacifiste et respectueuse des autres. C'est également vrai pour l'athéisme. Ceci pose la question du pourquoi, et c'est le troisième point. Bien sûr, si l'on regarde certaines personnes et entendons certains discours qui banalisent la violence et font l'éloge de l'irrespect, on comprend qu'une partie fragile de la société s'imprègne de cette violence. mais sur cette question, Steve Lévy a apporté un éclairage très fort. En effet, ses talents pédagogiques lui ont permis pendant deux ans de travailler dans le milieu carcéral auprès de jeunes qui ont perdu tout repère et qui s'enorgueillissent presque de faire un "stage" en prison. Steve Lévy a témoigné de ses rencontres et parfois de ses inimaginables réussites à avoir pu créer un pont, entrer en dialogue, toucher la main, redonner confiance à des jeunes qui sont souvent maltraités par certains de leurs geôliers qui parlent d'eux en des termes affreux que ne peux rappeler. En écoutant Steve parler de ces jeunes, je n'ai pu n’empêcher de penser que ces jeunes aussi condamnables soient-il vivaient eux aussi une détention déshumanisante. Que faire ? Cet entretien avec Steve a été très percutant et n'a laissé personne indifférent parmi les personnes présentes au Savoy. En tout cas je lève mon chapeau à celui qui a su avec beaucoup de tendresse, de tact mais aussi sans concession parler de sa mère qui a terriblement souffert de la chasse des juifs et évoqué bien sûr le combat de cette immense femme qu'a été Simone Veil et qui vient de nous quitter. Je terminerai en reprenant cette phrase éloquente de Steve Lévy : "Dans le ventre il ne peut y avoir que deux choses : la peur et la faim".

lundi 26 juin 2017

Rencontre avec un passeur de mémoire.

Une rencontre est proposée, vendredi 30 juin, à 17 h 30 au café le Savoy, à St Nicolas, Steve Lévy, qui par son livre; Mémoires cousues de silences, tente de se faire le passeur de l"indicible vécu par des membres de sa famille et bien des leurs dans les camps d"extermination nazis et s"interroge aussi sur les autres folies meurtrières de notre temps. Steve Lévy est enseignant et c'est au retour d' un accompagnement d'élèves à Auschwitz que le besoin impérieux de témoigner et questionner s'est manifesté en lui. Steve Lévy vit une partie de l'année à Héry-sur-Ugine.

mardi 30 mai 2017

Jean-Pierre Raison publie son douzième ouvrage.


En 2011, cela ne nous rajeunit pas, je vous présentai le premier ouvrage de Jean-Pierre Raison, un récit où il racontait sa galère et ses déboires de correspondant local de presse. Aujourd'hui il publie son douzième livre dont vous pouvez prendre connaissance grâce aux fichiers de cette page. Vous pouvez le commander auprès de l'éditeur, auprès de votre libraire, (ISBN-10 : 2312051273 — ISBN-13 : 978-2312051277) et en dernier recours sur des plateformes que je ne nommerai pas. Bonne lecture !






mercredi 9 mars 2016

L'oiseau de d'or s'est posé à Saint-Nicolas-la-Chapelle.


Jeudi trois mars, Clotilde Brunetti-Pons, résidente secondaire dans notre village, a rassemblé autour d'elle et de son premier roman, L'oiseau d'or, paru fin 2015 aux Éditions Amalthée, de nombreux colatains qui ont pu ainsi obtenir une dédicace sur leur exemplaire mais aussi échanger longuement avec l'auteur. Clotilde Brunetti-Pons est maître de conférence à l'Université de Reims, elle y enseigne le droit et est spécialiste de l'enfance et de la famille. Domaine qui est en filigrane de son ouvrage portant un titre de conte et nous  savons que les contes de fées nous offrent plusieurs lectures. Dès les premières pages, le lecteur est happé par l'histoire qui s'ébauche, écrite d'une plume claire et fluide, et nous emmène dans un milieu bourgeois et aisé où mai 1968 a laissé des traces ou même abolit les anciennes valeurs. Les enfants, frères et sœurs, cousins et cousines et amis, rencontrés dans les premiers chapitres deviendront vite des adolescents et jeunes adultes, lycéens puis étudiants, jouissants d'une grande liberté. Liberté sans frein aucun pour certains, d'autres, dont les parents étaient toujours aimants et présents, gardant respect des autres et d'eux même. C'est autour de Sophie, personnage central, que se déroule sur quelques années l'histoire de ces jeunes gens avec son lot d'échecs ou de réussites scolaires, de brouilles et querelles, de ruptures et de retrouvailles, de coucheries ou d'amour non déclaré. Commencé durant un temps de vacances, dans une maison de famille au bord de la mer, c'est aussi en été que le récit au dénouement tragique touche à son terme et lâche enfin le lecteur. Dans l'une des pages de titre, il nous est dit que toute ressemblance avec des personnes réelles serait de pure coïncidence, permettez moi d'en douter, pour nous rendre ce récit imaginaire si prenant et attachant, la romancière l'a certainement nourri d'un peu de vécu, transmuté par la grâce de son écriture et peut-être par la magie de L'oiseau d'or!






samedi 9 janvier 2016

dimanche 29 novembre 2015

Jean Joubert.

Cliché: 
© Murielle Szac-Ed.B.Doucey

" L'homme de sable ", " Les enfants de Noé ", ces œuvres de Jean Joubert, je les ai relues maintes fois sans me lasser. Jean Joubert, 87 ans, vient de poser sa plume qui l'an dernier nous avait encore donné , " L'alphabet des ombres ", son ultime recueil de poésie. L'hiver est propice à la lecture, rendez visite à votre libraire et demandez lui du " Jean Joubert " ce sera le plus bel hommage à ce grand poète. 





vendredi 11 septembre 2015

mardi 20 janvier 2015

Le temps de lire.


 
Le temps est propice à la lecture, ça tombe bien, notre compatriote Christian Combaz vient de publier chez Flammarion un nouveau roman, Votre serviteur. Courez chez votre libraire et s'il ne l'a pas sur ses tables ou  rayons, pressez-le de s’approvisionner!

dimanche 4 janvier 2015

Histoire d'en lire. Louis-Ferdinand Céline.




« D’UN CHATEAU L’AUTRE »

Louis-Ferdinand CELINE

Editions Gallimard et Poche

« D’un château l’autre », cœur d’une trilogie avec « Nord » et « Rigodon », relate la fuite en 1944 de Céline, comme tant de sympathisants ou collaborateurs du régime de l’occupant et celui du Maréchal Pétain. Au lendemain du succès de son premier roman « Voyage au Bout de la Nuit », Céline offrait une évolution sémantique du style conforté par l’expression orale, l’écrit classique, les formules populaires.Il introduisait aussi une structure inédite du roman, chroniqué en début et en fin, de forme éditoriale, aiguisée et amère, quant au milieu court à une vitesse folle l’histoire principale. Céline hâbleur, se permettait ainsi de régler ses comptes avec tous ; les uns égratignaient son orgueil d’écrivain à succès et les autres boudaient le docteur Destouche.

« D’un Château l’Autre », écrit en 1957, ne déroge pas à la règle ; bien au contraire l’auteur, plus aigri encore,se plaint de sa condition suite aux invectives fomentées depuis son amnistie gagnée par le très habile Maitre Tixier-Vignancourt en Avril 51. En cause, la compromission progressive de Céline avec l’antisémitisme exhorté dans ses pamphlets et les complaisances avec le régime Pétainiste. Il dodeline entre aigreurs et coups de gueule dont sa mauvaise foi se dissimule par une formulation lapidaire mais truculente. Malgré ses digressions convulsives, Il conte la vie absurde, hallucinante, des fuyards de Vichy à Sigmaringen et au château des Hohenzollern. Céline, le souffreteux de Meudon, retrace son arrivée à Sigmaringen au bout d’un voyage insensé dans une Allemagne en flamme avec la complicité d’officiers allemands,déjà avouée dans « Nord ».

Ici, l’auteur fait jubiler son style, célèbre le ton fulgurant, métaphorique.Il joue les rhéteurs àla formule bien faite, courte, claque sans crier gare et constitue le seul élément littéraire pour raconter une histoire. Une histoire au demeurant tragique, ensanglantée, assourdissante de bombes, de menaces pour le genre humain, qui se transforme en une ode indicible, absurde, insensée, extravagante, clairsemée de drôleries épiques dont les faits dépassent tellement l’entendement qu’ils ne représentent aucun sens pour un esprit raisonnable. C’est précisément là où Céline parle au lecteur lorsque la vie est décrite par le prisme de l’absurde.

A Sigmaringen, Céline conte, chronique des tableaux hallucinants de la vie quotidienne des ministres de Pétain, la survie des réfugiés français au cœur de l’épopée de Lili (femme de Céline), La Vigue (l’acteur Robert le Vigan) et de  lui-même. Au milieu des petites combines, toute cette faune étrange est aux abois sur le vaisseau fantôme d’une belle débâcle. Céline nous gratifie de toutes les exactions, de toutes les horreurs, de tous les chaos que la guerre laissa en pâture, mais bizarrement et non sans quelques gênes, le lecteur est fasciné, hypnotisé dans « son métro émotif ». Sa sémantique unique et l’art de la formule détonne ; on rit même, dans un environnement ruiné, léché par les flammes de toutes les couleurs d’où converge une poésie surréaliste. Yves Toussaint.

Un livre donc, à lire ou à relire «D’un Château l’Autre» de Louis-Ferdinand Céline, recommandé par l’Echolatain.

lundi 8 décembre 2014

Histoire d'en lire. Roger Frison-Roche.

La Peau de Bison
De Roger Frison-Roche
Edition Arthaud



La terre incommensurable du grand nord canadien est le décor sauvage de « La Peau de Bison », premier de deux romans sur le thème de « Terre de l’Infini », écrits au début des années 70.

Aviateur dans la R.A.F pendant la seconde guerre mondiale, Max Gilles est un héros désabusé de quatre ans d’un conflit sans précédent. De retour à la libération dans sa riche famille bourgeoise grenobloise, il est oppressé par la course au profit de l’entreprise familiale. Il semble rechercher ce que la civilisation a abandonné de sincère et de vertueux. Dépité, Max part et devient pilote indépendant dans le grand nord. Il est le lien vital entre les populations de ces terres perdues de l’extrême canadien, depuis l’agglomération de Yellowknife. Le fret, le ravitaillement, lui permettent de survoler quotidiennement en avion aéroglisseur les taïgas aux forêts denses et compactes, les lacs « brillants comme des joyaux dans le creuset des roches polies », jusqu’à l’infini bout du monde stérile perpétuellement glacé de la mer arctique. Un univers hostile qui lui promet pourtant un havre de paix inespéré. A Snowdrift, village indien, dernier repère pour la civilisation avant les solitudes glacées, Max organise sa vie en harmonie avec la nature et sa rigueur polaire. Chasseur d’aurores boréales, il coule un amour profond avec Rosa, une jeune indienne fière et généreuse aux longues tresses de soie noire qu’il rencontre au cours d’une chasse dantesque. Ils ramèneront un Bison leur assurant nourritures et matériaux chauds, symbole de leur union. Leur amour se consolide pur et sauvage contre les a priori raciaux de la petite communauté. Près de rosa, la vie lui enseigne la responsabilité, l’humilité, les choix essentiels, l’autonomie et vivre libre. Tandis que Max accomplit une mission délicate, Rosa périt au cours d’une chasse aventureuse. Désespéré, éperdu de douleur, un monde s’écroule, Max rentre en France.

La banlieue de Grenoble compose de nouveau son univers d’égoïsme et de solitude. Son frère, richissime industriel, l’accueille dans une famille indifférente à ses valeurs.

Mais Bruno, neveu de Max, en marge du cadre familial, déchiré de nature rebelle, fugue et se drogue. Arrêté à Amsterdam, Max ramène Bruno et lui propose de vivre une vie radicalement opposée, pleine d’abnégation, d’authenticité et de liberté. Alors que Max retourne définitivement dans le Grand Nord, Bruno ne tarde pas à le rejoindre.

Frison-Roche, expressionniste de la nature, conduit l’humain à l’essentiel : sa survie, et pour cela l’harmonie avec son environnement. De là, la rigueur de la nature devient une opportunité dans la passion des grands espaces naturels ; recherche et connaissance apportent adaptation et autonomie dans une communion avec les phénomènes naturelles, les eaux, le minéral, le végétal. Cette passionnante aventure est une formidable épreuve de solidarité pour l’homme dans son environnement et une leçon d’altérité, on ne peut plus d’actualité. Yves Toussaint.

Un livre donc, à lire ou à relire « La Peau de Bison » de Roger Frison-Roche, recommandé par l’Echolatain. 

Le cliché,Edmond Burnet-Fauchez, illustrant cet article a été pris il y a de nombreuses années lors d'une assemblée générale de l'association des Amis du Parc national de la Vanoise, en Tarentaise.Roger Frison-Roche est ici en compagnie de Jean-Marc Ouvrier-Buffet qui participait à l'époque aux randonnées du Foyer rural.